Béni-le-Rouge

Béni-le-Rouge

Carnet GPS d’un petit vélo pliant au pays du Soleil Levant

22 Nov 2022

Canards à l’orange

Canards à l’orange, avec un peu de vert quand même

Béni-le-Rouge et moi n’avons pas beaucoup roulé depuis le dernier billet. Ce n’était pas l’envie qui manquait, mais nous avions à lutter contre toute une armada d’empêchements conjoncturels, circonstanciels et inscrits dans le ciel (sous forme de sombres nuages).

Nous avons quand même fait quelques sorties dans les environs immédiats, dont notamment trois allers-retours à l’étang du parc du bord de l’eau Kashiwa Village (柏ビレジ水辺公園), à huit kilomètres d’ici. Pour aller y regarder les canards.

Celui-là ↓, l’air de rien, nous regardait du coin de l’œil gauche.

Cet autre ↓, qui de toute évidence n’était pas un canard à l’orange, traversait allègrement les lignes verdâtres et ondulantes, reflets d’un été déjà lointain.

Du côté intimiste de ce blog, nous avons modifié notre environnement informatique en recyclant tout ce qui pouvait l’être (et se résumait à peu de chose). Il faut d’abord expliquer que ce blog est hébergé à la maison sur une pitarte Raspberry Pi 4 installée sur un disque SSD. Or, à part faire défiler ce blog à la vitesse de vos yeux, cette pitarte héberge un serveur murmur qui me permet de bavarder sur un téléphone intelligent avec une oreillette Bluetooth (et éventuellement avec quelqu’un), et elle me permet aussi de me connecter de l’extérieur via un VPN pour les missions d’espionnage que me confie régulièrement Justin Trudeau.

C’est déjà pas mal, mais j’ai (je ne dis pas « nous », parce que Béni-le-Rouge se fout pas mal des ordinateurs), j’ai, donc, eu l’envie, qui me chatouillait les méninges depuis pas mal longtemps, de refaire une tentative pour travailler sur la pitarte. Bref, de m’en servir comme outil de travail, donc pour traduire.

(Là je vais vous mettre trois autres petits canards, histoire de vous garder éveillé.)

Le hic, quand on veut travailler sur un ordinateur Raspberry Pi 4, c’est que la pauvre petite machine n’est pas très puissante. Et c’est sans compter que l’architecture ARM n’est pas prise en charge par (compatible avec) tous les logiciels.

Je pourrais utiliser LibreOffice, mais je sais par expérience que cette suite bureautique bousille parfois les fichiers des clients. Même chose pour toutes les autres suites disponibles sous Linux, croyez-moi, j’ai tout testé, aucune n’est parfaitement compatible avec la suite MsOffice qu’utilisent mes clients, ni même la version en ligne d’Office 365.

Et un ordinateur de bureau sans suite bureautique, entre nous, c’est comme un étang sans canards.

Si vous voulez bien rembobiner, je vais nuancer mon propos en spécifiant qu’il y en a une, de suite, qui ne bousille pas les fichiers de Microsoft : OnlyOffice Desktop. J’ai testé, retesté et reretesté. Ça marche.

Le hic, diront certains en levant la main…

… c’est que ça ne roule pas sous l’architecture ARM, et que de toute façon la pitarte n’aurait pas la puissance nécessaire.

Or, j’avais dans un tiroir un vieil ordinateur Intel NUC tout juste assez puissant (Intel i3-5010U, Dual-core 2 GHz) et suffisamment « RAMifié » (16 Go) pour faire tourner OnlyOffice Workspace sans trop toussoter, et surtout sans consommer beaucoup de courant puisque ce NUC, avec son petit processeur i3, est très peu gourmand en watts.

Rien à voir, mais l’autre jour nous sommes tombés sur ça. Il ne nous est pas venu à l’esprit d’en tester la compatibilité avec mon système digestif. Par contre, c’était joli.

Autre hic, ce vieux machin (je parle du NUC) n’a plus un seul port USB qui fonctionne. Les quatre, sans exception, lancent des pelletées de messages d’erreur au démarrage. Mais, miracle, sous Debian… il démarre quand même.

Ce qui faisait de cette machine un candidat idéal pour servir… de serveur.

Bref, sur un disque SSD qui contenait déjà MX-Linux et tournait sur un ordinateur plus puissant que j’utilisais pour travailler, j’ai installé OnlyOffice Workspace dans un conteneur Docker en suivant la procédure de TechRepublic.

Toujours rien à voir, mais le même jour, il y avait ces deux affiches en fer toutes rouillées. Un café, un resto et une galerie d’art. Curieux, nous sommes allés voir.

Coup de chance, l’installation a fonctionné du premier coup (si je fais exception des 38 tentatives précédentes en suivant les instructions d’autres sites), et, une fois transféré sur le vieux NUC sans ports USB, ce disque SSD a démarré en ignorant les messages d’erreur USB.

Les lieux étaient déserts, de toute évidence l’établissement avait fait faillite.

Résultat, j’ai récupéré un vieil ordinateur peu gourmand en électricité pour y faire tourner une suite bureautique compatible avec MsOffice, et je m’y connecte depuis une pitarte Raspberry Pi 4 qui consomme à peu près autant de watts que le stimulateur cardiaque d’un puceron (au repos).

Par ailleurs, la confidentialité des fichiers des clients n’est pas compromise, puisque tout se passe sur mon propre serveur, contrairement aux suites bureautiques en ligne de Microsoft, Google et autres (il est aussi possible d’utiliser OnlyOffice gratuitement sur Internet, mais pour une utilisation comme la mienne, où la confidentialité passe avant tout, cette option n’est pas envisageable).


Commentaire de Béni-le-Rouge

Tout ce qui précède est bien joli. Mais OnlyOffice Workspace consomme facilement de 7 à 8 Go de mémoire vive. Or, tu pourrais tout aussi bien te contenter d’installer Only Office Desktop sur le serveur, puis, avec le client X2Go, te connecter en mode Applications depuis la pitarte Raspberry Pi, pour ne pas afficher tout l’environnement de bureau du serveur (XFCE, MATE, etc.), seulement OnlyOffice Desktop.

Faisons le test…

Tu démarres le serveur sans environnement de bureau. À ce stade, tu n’utilises qu’environ 300 Mo de mémoire vive.

Puis tu te connectes avec X2Go, et tu lances seulement OnlyOffice Desktop. Tu y ouvres ensuite le fichier à traduire, et tu vérifies la mémoire vive utilisée : elle dépasse légèrement 800 Mo, contre 7 à 8 Go avec OnlyOffice Workspace. Ton processeur reste bien calme, sous les 15%. Et tu n’as pas besoin de travailler dans un onglet de Firefox ou autre navigateur, OnlyOffice a sa propre fenêtre, exactement comme si tu travaillais directement sur le serveur.

À toi de choisir ;-)


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