Béni-le-Rouge

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Carnet GPS d’un petit vélo pliant au pays du Soleil Levant

06 Jan 2023

Sur les traces de Geo Pottering ­(1)

Ibaraki : Fleuve Tonegawa et rivière Kokaigawa

(Balade du 10 décembre 2022)

Ayant pris les commandes de ce blog, et en tant que vélo savant qui y décide maintenant de tout, j’ai décidé de laisser tomber la série de balades virtuelles intitulée « La Grande Traversée » et de commencer une nouvelle série de billets qui consistera à résumer des balades réelles réalisées en groupe avec le club Geo Pottering.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Geo Pottering est un club de cyclistes qui roulent en vélo pliant un peu partout à travers le Japon (surtout dans la grande région du Kantō), et généralement d’une gare à l’autre.

Répertoriées ici (en japonais), les activités de ce club remontent à novembre 1997. À partir de janvier 2000, sous les pseudonymes de Salīna et Sider, les deux fondateurs de ce qui deviendra plus tard Geo Pottering ont commencé à enregistrer les itinéraires parcourus sur fichier gpx pour les partager sur Internet, avec des photos, explications et commentaires.

Au moment où j’écris ces lignes, le club compte 70 membres, a réalisé pas moins de 448 sorties au Japon, avec des comptes rendus de plus en plus détaillés au fil des ans, et qui comprennent, en plus des photos et descriptions des points d’intérêt (POI), des liens vers l’itinéraire sur Google Maps, Garmin Connect et Ride with GPS, un lien direct pour télécharger le fichier gpx de la balade, et un fichier vidéo sur musique d’ambiance classique.

Chaque compte rendu contient aussi un tableau synoptique qui indique la durée du parcours, la distance entre les POI, les types de surface (piste cyclable, rue ou route, petit chemin de rizière, etc.) et des informations utiles telles que l’emplacement des kombini (dépanneurs ou petits marchés de proximité), les restos suggérés pour la pause du midi ou pour la fin du trajet, et j’en passe.

Les balades sont également regroupées sur une carte du Japon qui fonctionne comme suit : cliquer sur un trajet fait apparaître une photo avec le titre du compte rendu, et cliquer sur cette photo mène au compte rendu lui-même sur le site de Geo Pottering.

Pour quelqu’un qui souhaite prendre le train avec son vélo pliant et partir à la découverte du Japon, ces comptes rendus constituent une véritable mine d’or. Le hic, c’est que tout est en japonais… J’ai donc pensé sélectionner certaines de ces balades et les résumer en français, petit à petit. Voici la première, celle du 10 décembre 2022.


De la gare Tennōdai (ligne JR) à la gare Moriya (ligne Tsukuba Express)

Liens : Compte rendu en japonais / Fichier gpx en français / Google Map / Ride With GPS / Vidéo

Longueur du parcours : 38 km

Niveau de difficulté : Facile, terrain plat

  • Gare Tennōdai de JR → Rues, puis piste cyclable du fleuve Tonegawa

  • Ferry Ōhorinowatashi → Fleuve

  • Quai Toride Fureai → Piste cyclable du fleuve Tonegawa, piste cyclable de la rivière Kokaigawa

  • Barrage Toyoda-seki → Piste cyclable de la rivière Kokaigawa

  • Ranch à poneys de Kokaigawa → Piste cyclable de la rivière Kokaigawa

  • Parc Okasekisuijin-misaki → Piste cyclable de la rivière Kokaigawa, puis chemins et rues

  • Gare Moriya de la ligne Tsukuba Express


Cette balade commence à la gare Tennōdai de JR, sortie Nord (天王台駅、北口).

Ce jour-là, cinq membres du club y ont pris le départ ensemble. De gauche à droite : Salīna, Mitchan (invité), Mājiko, Reina, et Sider derrière l’appareil photo.

De cette gare, il faut rouler quelques minutes dans les rues du quartier environnant avant d’atteindre les vastes rizières qui bordent le fleuve Tonegawa à cette hauteur.

C’est à cet endroit que Cyclo-Sapiens (Kotetchan pour le club), attendait le groupe, car il habite tout près.

De là, il faut faire un petit détour à travers la rizière pour se rendre à la piste cyclable.

Du haut de la digue où se trouve la piste, on aperçoit la ville de Toride sur l’autre rive. La route R6 Mito-kaidō (水戸街道) traverse le fleuve à gauche, tandis qu’à droite c’est le pont ferroviaire de la ligne Jōban de JR qui relie les deux rives.

Notre itinéraire n’emprunte pas le trottoir du pont routier, mais consiste plutôt à traverser le fleuve sur un petit ferry touristique. Le fleuve Tonegawa (利根川) fait partie du groupe que l’on appelle « les trois grands » du Japon, avec le Shinanogawa (信濃川) et l’Ishikarigawa (石狩川).

Pour s’y rendre, il faut croiser la R6, passer sous le pont ferroviaire, puis longer un terrain de golf. C’est à l’extrémité de ce dernier que se trouve le ferry.

Tarif du ferry : 200 yens par personne pour la traversée, 400 yens pour l’aller-retour, gratuit pour les vélos accompagnés d’un être humain ^_^

Nous nous trouvons dans une minuscule portion de la ville d’Abiko (我孫子市), et non dans celle de Toride (取手市), parce qu’autrefois le fleuve passait un peu plus au sud. Son cours sinueux a autrefois été détourné pour le « redresser », afin d’éviter les débordements qui survenaient fréquemment lors des crues provoquées par les typhons. Et comme il n’y avait pas encore de pont à cette époque, un ferry permettait aux gens du coin de faire la navette entre la partie principale de la ville et ce petit morceau qui s’est soudainement retrouvé isolé. Après la construction des ponts routiers et ferroviaires, le ferry a été conservé à des fins touristiques.

Aux abords du quai, une bonne centaine de canards et un cygne se laissaient flotter sur les eaux calmes.

Le ferry habituel étant en cale pour des réparations, c’est une autre embarcation, plus petite, qui s’est approchée lentement du quai. Coup de chance, il y avait tout juste assez de place pour les six vélos pliés et pour les six bipèdes en balade.

De gauche à droite : Sider, Reina, Mitchan, Mājiko, Salīna et Kotetchan

Bien qu’il soit très court, ce trajet en ferry comprend une escale. Le bateau avance tout doucement, sous le regard indifférent des canards, tandis que la musique d’une autre époque que nous fait écouter le capitaine ajoute une touche nostalgique très agréable à cette minuscule traversée.

Après s’être dégourdi les jambes sur le quai, les passagers remontent à bord pour se rendre à l’arrêt final, visible de loin avec ses quatre piliers orange.

De là, la balade se poursuit sur la piste cyclable qui longe des terrains de baseball, de foot (soccer) et autres.

À l’extrémité de ce vaste espace d’activités de plein air, la piste passe à travers un long boisé, puis elle débouche, en bifurquant soudainement vers le nord, sur l’embranchement de la rivière Kokaigawa (小貝川).

Apparaît bientôt le pont Todaibashi (戸田井橋), puis, quelques centaines de mètres plus loin, la rivière Kitauragawa (北浦川), avec, au loin, le mont Tsukuba (筑波山).

Le trajet passe ensuite près du barrage Toyoda-seki (豊田堰), et, ici et là, longe des maisons traditionnelles.

Parmi les fleuves et rivières du coin, la Kokaigawa est le cours d’eau préféré de Cyclo-Sapiens (Kotetchan), pour ses méandres, pour ses rives et, plus on roule vers le nord, pour la tranquillité de ces lieux peu fréquentés.

Tout au long de la rivière Kokaigawa, le mont Tsukuba s’amuse à changer de position par rapport aux cyclistes, parfois devant, parfois derrière, parfois à droite, selon les sinuosités du lit de la rivière. Sur cette photo, on l’aperçoit droit devant, avec ses deux sommets, le Nantai-san (男体山) et le Nyotai-san (女体山), littéralement la « montagne à corps d’homme » et la « montagne à corps de femme », avec ceci de particulier que c’est la femme qui domine l’homme par la taille, celle-ci mesurant 877 mètres, contre 871 pour son partenaire.

Juste avant d’arriver au ranch à poneys Kokaigawa Ponī Bokujō (小貝川ポニー牧場), il y a, en bordure de la piste, un centre de prévention des catastrophes (防災センター) dont les toilettes sont accessibles par l’extérieur, du côté du bâtiment qui fait face à la piste. C’est une occasion à ne pas rater, car les toilettes sont rares dans ce coin.

Tout juste après, le ranch à poneys et son petit parc adjacent permettent de faire une pause en caressant les petites bêtes ou en leur donnant des carottes, en vente libre (100 yens… pour savoir où elles sont, suivez simplement le regard des poneys…). Ne pas rater, également, les machines distributrices de boissons froides et chaudes qui se trouvent juste après le petit parc…

Nous sommes ensuite repartis sur la piste, mais des travaux en cours sur celle-ci nous ont contraints à improviser un petit détour à travers champs.

De retour sur la piste cyclable, le groupe est passé devant le barrage Okazeki (岡堰), devant un monument en pierre où l’on peut lire « Les 100 paysages d’Ibaraki : Okazeki » (茨城百景 岡堰), devant les marécages qui, en amont du barrage, font partie dudit paysage, et finalement dans le petit parc Okasekisuijin-misaki (岡堰水神岬公園)… au sentier un peu cahoteux pour les vélos.

L’itinéraire suit encore le cours de la rivière Kokaigawa sur une distance d’environ 3 kilomètres, puis il bifurque en direction de la gare de destination, longeant d’abord un canal où des résidents du coin s’adonnent à la pêche, puis passant par les rues de la ville de Moriya.


Petit extra

Environ 1 km avant d’arriver à la gare Moriya, le trajet passe devant une jolie promenade appelée Tori no michi (鳥のみち chemin ou sentier des oiseaux), à ne pas rater s’il vous reste assez de temps ou d’énergie…


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